Urbanisme, transports, environnement :
Retour sur la septième édition des jeudis de l’architecture
Le rêve métropolitain de Finn Geipel
Publié le 09/10/2009
Après Christian de Portzamparc le 24 septembre dernier, Finn Geipel était l’invité de la septième édition de ce rendez-vous récurrent dédié aux projets des architectes ayant planché sur le Grand Paris. C’est donc le 8 octobre dernier, dans l’auditorium du Stade de France, que l’architecte berlinois a livré au public sa vision du futur de l’agglomération francilienne.
Après une brève introduction de Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, qui a rappelé l’importance de ce rendez-vous désormais installé qui est « le seul à laisser véritablement aux architectes le temps de présenter leur projet et d’en débattre », Finn Geipel a donc initié sa présentation en évoquant quelques unes de ses réalisations parmi lesquelles la toiture des arènes de Nîmes et l’aménagement intérieur du pavillon de l’Arsenal à Paris.
Un projet d’impulsion
Finn Geipel ne livre pas un projet d’implantation proposant du bâti, mais d’avantage un « projet d’impulsion » se proposant de penser la ville à travers de grands principes transversaux tels que le rapport à la centralité ou le sentiment d’appartenance à la ville, qui doivent régir, selon lui, la métropole post Kyoto. Ainsi, pour l’architecte berlinois, l’agglomération francilienne se caractérise par son rapport à la centralité incarnée par la ville de Paris : « A quelques centaines de mètres d’écart, les gens ne se sentent pas appartenir à la même entité ». C’est le fameux rapport Paris-banlieue que la grande majorité des équipes d’architectes ont pointé du doigt.

La ville nature
Pour Finn Geipel, l’un des atouts formidables de la métropole francilienne est sa grande richesse en termes d’espaces naturels. Ainsi, pour lui Paris peut être la « ville nature ». Une fois sorti de la « ville intense » que constitue la capitale, on arrive rapidement dans des lieux de « faible intensité » (de densité urbaine et humaine) laissant la part belle à la nature tout en constituant « une continuité nécessaire avec Paris ». De façon générale, dans le rapport ville-nature il faut à tout prix éviter le zonage, il doit y avoir un continuum entre l’urbain et la nature.

Différents types de densité urbaine
La notion clé du travail de Finn Geipel tient donc dans le concept de densité impliquant différentes polarités et fonctionnalités dans la métropole. Ces multiples types de lieux n’étant pas forcément urbanisés car les espaces naturels doivent faire partie intégrante de la ville et ne doivent pas être considérés comme s’en détachant. En effet, ces lieux naturels sont nécessaires à la ville et à son équilibre. En cela, les zones d’activités franciliennes sont pour Finn Geipel « catastrophiques au niveau écologique » car l’espace n’y est pas bien utilisé : on ne transforme pas les espaces et les bâtiments qui ne sont plus utilisés, on ne recycle pas le bâti mais au contraire, on reconstruit à côté comme si l’espace disponible était infini.

La mobilité
Selon Finn Geipel, en matière de mobilité et de transports « il faut passer du modèle radial à un modèle orbital » en reliant les villes les plus proches entre elles en même temps qu’au centre de la métropole sur le schéma d’une toile d’araignée : « il faut créer une mobilité graduée ». Il est également important de miser sur des moyens de transports non polluants et sur les circulations douces, tout en réfléchissant aux façons de réduire considérablement la part des déplacements en véhicule individuel. Comme de coutume à la fin de la présentation, Finn Geipel a répondu aux questions de l’auditoire. C’est le thème du développement durable et du nécessaire besoin d’espace des citadins qui a principalement été le sujet des débats. La notion de « ville à densité légère » en opposition à la « ville intense » constitua le point clé des réponses de l’architecte. Ces deux types de densité se répondent et sont nécessaires. Il faudra cependant prendre soin de ne pas les cloisonner afin que chacun puisse avoir accès à ces deux types d’ « intensité urbaine » que devra regrouper la métropole post-Kyoto.
Pascal Evrard
Crédit photo : Julien Jaulin
Les Jeudis de l'architecture
Les Jeudis de l’architecture et de l’urbanisme, Rêves Métropolitains, sont un espace d’échange et de rencontre, nés de la volonté de faire connaître et comprendre au plus grand nombre les projets des dix équipes d’architectes retenus pour la consultation internationale sur l’avenir de la métropole francilienne, le Grand Paris.
Initiées par Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, en partenariat avec le Stade de France, ces rencontres se déroulent régulièrement, un jeudi, et accueillent un architecte qui présente au public sa vision du développement de la région capitale, explique sa démarche et dialogue avec les citoyens et les élus.
Prochain rendez-vous le 19 novembre à 18h30 avec l'architecte Richard Rogers
Retour sur les éditions précédentes :
> La métropole internationale de l’après Kyoto de Christian de Portzamparc
> Le patchwork urbain de Djamel Klouche
> Le rêve de Paris à la mer d’Antoine Grumbach
> La ville poreuse de Bernardo Secchi et Paola Vigano
> Le Grand Paris vu par Yves Lion
> Le Grand Pari(s) de Roland Castro
Imprimer | Envoyer à un ami