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Retour sur la remise du prix littéraire le 22 novembre dernier.
Le Prix Populiste 2008 a récompensé Jean-Luc Marty
Publié le 04/12/2008
Jean-Luc Marty a reçu le prix populiste le 22 novembre dernier à la médiathèque Don Quichotte de la Plaine Saint-Denis pour son roman Rumba. Il succède ainsi à Olivier Adam au palmarès de ce prix littéraire que Georges Wolinski, membre du jury, décrit lui-même comme le prix « des gens simples, de ceux qui ont des existences difficiles et des problèmes humains ».
Issu du populisme, un mouvement littéraire fondé en 1929 dont l’objet est de mettre la littérature à la portée des plus modestes, le prix populiste crée par Antonine Coullet-Tessier, récompense depuis 1931 des œuvres ancrées dans la réalité sociale en mettant en scène des personnages aux prises avec le quotidien des conditions les plus humbles.
Depuis l’année 2005, qui a vu la compétence de la lecture publique transférée des villes à la communauté d’agglomération, c’est Plaine Commune qui organise ce qui constitue désormais l’évènement littéraire majeur de son territoire. Une mission corrélée à celle de la promotion et de la démocratisation de la lecture via le développement du réseau des médiathèques de l’agglo.
Avec le prix populiste, Jean-Luc Marty qui est en outre rédacteur en chef du magasine Géo, obtient ainsi la première récompense littéraire de sa carrière de romancier grâce à son livre Rumba.
En s’appuyant sur ses voyages à Cuba l’auteur nous dépeint une société marquée par les dissensions raciales et la pauvreté, une société dans laquelle le peuple n’a que deux priorités : survivre et tenter de savoir de quoi son avenir sera fait.
Nous sommes allés demander à Jean-Luc Marty de nous parler de son livre ainsi que du sens que revêtait pour lui ce prix.
Jean-Luc MARTY
Jean-Luc Marty, pouvez-vous nous expliquer ce que vous avez voulu dire du monde et de Cuba dans Rumba ?
"L’important c’est que j’ai voulu dégager l’héroïsme et l’humanité liés à ce peuple, qui finalement est un peuple de banlieue cubaine. C’est un roman qui se déroule dans un certain nombre de quartiers dans les banlieues des grandes villes cubaines. Et comme dans toutes les banlieues du monde il y a une paupérisation, une précarité très forte, de l’exclusion.
Il y a aussi une forme de racisme à Cuba, il y a d’ailleurs des gens qui commencent à écrire sur ça en ce moment. Il y a de l’exclusion mais en même temps ces gens là se débrouillent quand-même extrêmement bien par eux-mêmes.
Alors la musique, la religion c’est ce qui les maintient, c’est ce lien avec cette Afrique qui a disparu mais qui continue à leur apporter. Mais c’est avant tout un livre sur l’humanité.
On voit aussi le rapport qu’ils entretiennent au premier monde. Je n’ai pas non plus sur-joué la misère et la violence mais il y a une tension permanente dans la vie de ces gens là c’est clair. Quand vous bouffez au marché noir les trois quarts du mois, quand il y a des plages qui vous sont interdites, des bars qui vous sont interdits… c’est ça la réalité, moi je l’ai vécu, il y a quinze ans, vingt ans que j’y vais là bas."
C’est le premier prix de votre carrière littéraire, quel sens lui donnez-vous ?
"Pour moi c’est le seul prix qui probablement dans son intitulé, dans son contenu, corresponde à ce que j’écris. Donc c’est parfaitement en accord avec ce que je défends dans mon écriture, c’est-à-dire en quoi je m’intéresse à cet autre versant du monde aujourd’hui, qu’on a un peu tendance à oublier. Sachant que pour moi le peuple partage avec l’aristocratie un vrai sens de la mémoire, et que c’est sur cette mémoire là du monde, à travers ces peuples que je travaille et c’est ce qui m’intéresse.
Donc je trouve que le prix dans son contenu et dans sa façon de se définir correspond parfaitement bien à ça. Cela pourrait être le premier et le dernier, ca ne me gênerait pas (rires). »mais ce n’est jamais des histoires chiques. C’est toujours populaire j’allais vous dire, voilà c’est ça le populisme. "
> Le prix populiste
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