Urbanisme, transports, environnement :
Retour sur la 12e édition des Jeudis de l’architecture
Le Grand Paris vu par Jean Nouvel
Publié le 14/12/2010
L’architecte Jean Nouvel était l’invité de la 12e édition des Jeudis de l’architecture qui renouaient pour l’occasion avec leur thématique initiale : le Grand Paris et l’avenir de la région capitale. Accompagné de ses collaborateurs Jean-Marie Duthilleul et Michel Cantal-Dupart, le créateur du Musée du Quai Branly a ainsi pu exposer des éléments de sa réflexion sur le futur de l’agglomération francilienne. Environ quatre-vingt personnes ont pour leur part fait le déplacement pour assister à sa présentation.
Définir les principes de mutation des grandes métropoles
Pour Jean Nouvel, la problématique de la métropole francilienne est transposable aux autres tissus urbains denses, hérités de la deuxième moitié du XXe siècle. Il s’agit de penser un urbanisme global de « l’après-Kyoto » qui s’appuie sur l’existant : un « urbanisme sensible » qui bonifie ce qui existe déjà : l’habitat, les infrastructures, les réseaux de transports, etc… Jean Nouvel propose donc de « reconnaître et améliorer ce qui existe pour accentuer les plaisirs d’y vivre ».
En Termes d’exemples pratiques, l’architecte propose de conserver le réseau de transport actuel en lui ajoutant des liaisons tangentielles rapides de banlieue à banlieue, en reliant également les pôles de compétitivité existants (la Défense, Pleyel) ou à venir (Saclay).
Pour améliorer le sentiment de bien-être au sein des espaces publics, Jean Nouvel propose de donner une place beaucoup importante aux espaces verts et au végétal au sein même de la ville. Le végétal devra ainsi s’imbriquer dans l’urbain et en devenir un élément à part entière.

L’urbanisme de zone, un principe à bannir
« Le déménagement urbain est quasiment terminé » certifie Jean Nouvel. C’est-à-dire que la métropole francilienne ne devrait pas croître beaucoup plus en termes de population. Ainsi, on ne peut donc pas se baser sur une croissance démographique pour penser la mutation de la ville.
Selon Jean Nouvel, en agrandissant perpétuellement et en spécialisant les aires urbaines dans des fonctions précises (bureaux, habitat collectif, commerce …), on crée des constructions et des zones qui s’ignorent : « Toute construction qui n’aide pas celle qui précède est à proscrire ». La non-extension de la métropole est une donnée à prendre en compte impérativement. Au lieu d’agrandir, il faut développer l’existant. Pour Jean Nouvel, la ville de Saint-Denis et ses récentes mutations en sont un bon exemple.
A la fin de son intervention, Jean Nouvel s’est prêté au jeu des questions de son auditoire. Alors qu’un certain nombre d’entre-elles tournaient autour de la question de la « fragilité » de la Seine-Saint-Denis à côté de son voisin parisien, l’architecte a livré sa vision de ce rapport Paris-banlieue. Ainsi, pour lui c’est en développant les banlieues, en les rendant plus agréables à vivre et surtout en développant des modes de transports plus adaptés à ces banlieues que l’on pourra sortir de cette impression de métropole à deux vitesses : « Il est quand même invraisemblable qu’aujourd’hui il faille toujours passer par le Chatelet pour se déplacer de banlieue à banlieue ».
P.E
Crédit photo : Julien Jaulin
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